Qui sommes-nous ?

Un collectif de femmes bruxelloises engagées et désireuses de faire valoir leurs droits en tant que citoyennes. Désireuses également de changer le regard que le monde porte sur elles par la parole mais aussi par des actions concrètes. Ce collectif de femmes a également pour ambition, sur le plus long terme, de permettre aux femmes de s’affirmer dans les sphères qui lui ont été confisquées.

 

Au sein de notre équipe, nous disposons d’une grande diversité quant au profil de nos bénévoles. Elles sont consultantes, expertes de la communication, scientifiques, politologues, étudiantes ou travailleuses, mamans ou célibataires…

 

De plus, notre collectif s’insère dans la démarche de la Fabrique d’Expressions, l’Épicerie, située en plein centre ville, à Molenbeek (www.centrelepicerie.be). Il s’agit d’une initiative ayant pour but de créer un centre éducatif et culturel bottum-up  par les citoyens pour les citoyens. Toute une série d’activités éducatives (formations, ateliers) et culturelles (théâtre, expo photos, projections…) s’y déroulent hebdomadairement, et nous souhaitons apporter un volet féminin en organisant une semaine dédiée aux droits des femmes. En effet, porter cette action dans ce quartier a complètement son sens, vu le public fragilisé qui y vit.

 

Contexte

Les discriminations faites aux femmes est un phénomène bien ancré dans nos sociétés. D’après une enquête menée par de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), 62 millions de femmes auraient déjà souffert de violences physiques et/ ou sexuelles dans l’Union européenne. (a) Les chiffres sont alarmants compte tenu des nouvelles formes de discriminations qui voient le jour. Sur le lieu de travail, dans la sphère privée ou sur la scène publique, les discriminations de ce genre se retrouvent dans toutes les couches de la société.

Avec la prolifération des réseaux sociaux, internet participe à la divulgation des propos et attitudes discriminatoires.

Faisant partie du lot quotidien de nombreuses femmes, ces violences verbales, physiques voire sexuelles passent souvent inaperçues. Et pour cause, le conditionnement des mentalités et les pressions sociétales perpétuent l’enracinement de toutes ces formes de violences.

 

Nous désirons mettre en lumière ce phénomène en proposant des actions concrètes visant à l’éradication à long terme par la déconstruction des stéréotypes et la promotion de l’égalité. Notre angle d’approche concerne la condition et les droits de la femme issue de la diversité en Belgique.

 

De plus, lorsqu’une femme est d’origine étrangère ou issue d’une certaine religion, la discrimination s’accentue. Prenons par exemple le cas des femmes musulmanes (dont nos médias et politiques parlent bien trop souvent) : bien que la Belgique ait signé la convention internationale de la liberté de culte, elles restent sujettes à des discriminations. En effet, nombreux sont les éléments qui renforcent le regard négatif sur les femmes musulmanes. A titre d’exemple, sur le plan professionnel, les candidates perçues comme musulmanes ont trois fois moins de chance d’obtenir un entretien d’embauche. [1] De ce fait il leur est difficile de concilier pratiques religieuses et vie professionnelle. Aussi, les articles écrits sur les femmes musulmanes mettent en évidence dans 95% des cas la question du foulard, le reste faisant référence à des éléments culturels.

Un rapport du Réseau européen contre le racisme (ENAR), intitulé « Femmes oubliées », tire la sonnette d’alarme en ce qui concerne l’islamophobie à l’encontre des femmes musulmanes de huit pays européens. En Belgique, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède et au Royaume-Uni, les femmes musulmanes sont, explique l’ENAR, discriminées à l’embauche. Concernant l’Hexagone, l’ENAR dresse un portrait plus que catastrophique de la situation des femmes musulmanes.

ENAR rappelle notamment les chiffres du CCIF selon lesquels « 18,6% des actes (discriminations et violences) islamophobes enregistrés se sont déroulés dans le monde du travail » et « 81,5% des actes et discours islamophobes sont commis contre les femmes. »

Tous ces éléments tendent à remettre en question les préjugés à l’encontre des femmes issues de l’immigration. C’est entre autre la raison pour laquelle, différents mouvements féministes voient le jour en Belgique afin de dénoncer l’oppression que vivent les femmes au quotidien et pour combattre toute forme de discrimination.

Qu’elles soient étudiantes, doctorantes, femmes au foyer ou actives dans le milieu professionnel/associatif, les femmes de toutes origines contribuent toutes d’une façon ou d’une autre à l’amélioration de notre société. Au sein de notre collectif, elles ont comme objectif principal de renforcer l’unité des femmes et de leur impact en développant des actions afin de déconstruire les stéréotypes.
(a) http://fra.europa.eu/fr/news/2017/dire-non-la-violence-legard-des-femmes

[1] Selon « Discrimination religieuse à l’embauche, une réalité »

 

Pourquoi les Cannelles ?

Forte, rebelle, douce, brute et authentique, cette épice vous inspire tout et tout à la fois. Dégageant une énergie vive et ayant pour vertu de favoriser la clarté de l’esprit et la communication, sa spécificité réside dans sa capacité à être polyvalente. Un coup sucré, un coup salé, elle s’adapte et relève le goût avec fierté.

C’est un peu tout de ça les cannelles. Cette volonté et cette énergie commune qui relient des femmes d’horizons divers, désireuses de s’investir pour une cause commune : une société plus juste à l’égard des femmes.

Alors que vous trouverez des dizaines de variétés différentes de la cannelle : de Ceylan, de Chine ou de Madagascar, toutes aussi riches que précieuses, vous trouverez tout autant de profils de femmes noires, blanches, asiatiques, arabes ou européennes qui contribuent de la même façon à donner le meilleur d’elles-mêmes.

La cannelle est forte, belle et résistante. Elle se décline sous de nombreuses façons. Sauf quand l’épice n’est pas appréciée à sa juste valeur et qu’elle n’évolue pas dans un milieu qui lui est propice.  Un goût amer l’animera mais elle ne faiblira pas. Au travers de ces racines qui tendent à l’étouffer, elle se fraiera un chemin, parfois périlleux et difficile pour ne donner que le meilleur d’elle-même.

Et c’est ainsi. Les femmes sont au premier plan des injustices de nos sociétés dites « modernes » mais aux valeurs bien souvent patriarcales : dévalorisation, inégalités, injustices, discriminations, sexisme, agressions, etc. rythment trop souvent le quotidien de milliers de femmes.

Des chemins différents mais de réalités identiques, des couleurs de peau diverses mais femmes avant tout, le collectif les cannelles a pour ambition, à son niveau, d’apporter sa pierre à l’édifice dans ce combat pour plus d’équité.

Ayant l’avantage de porter en son nom ces trois lettres de fin pour rappel de sa féminité, la cannelle et la femme, c’est une histoire indissociable.

Mais ce n’est pas tout. La cannelle vient du cannelier. On dit de cet arbre « qu’il est robuste, et qu’il présente des feuilles persistantes oblongues, lisses et d’un beau vert brillant. Son feuillage est aromatique ».  Le cannelier, dans notre histoire, nous l’appellerons l’Epicerie. Ce centre culturel a pour philosophie  d’apporter un bagage culturel et éducatif pour comprendre la société dans laquelle on vit, et devenir un acteur de changement à part entière.

La chute de l’histoire doit à présent vous sembler évidente, nous, le « collectif les cannelles » sommes une des épices de l’Epicerie. L’épice féminine et féministe dirons-nous.